Impôt sur le revenu
L’impôt sur les salaires au Luxembourg suit un tarif de base progressif à tranches marginales, appliqué selon la classe d’impôt (1, 1a, 2). La base n’est pas le brut, mais le revenu imposable après cotisations déductibles et forfaits. Les taux affichés sont ceux en vigueur pour 2026, en attendant la validation.

Le tarif de base : un barème à tranches marginales
L’impôt sur le revenu des salariés au Luxembourg repose sur un tarif de base progressif, c’est-à-dire un barème découpé en 23 tranches successives. À chaque tranche correspond un taux qui va de 8 % pour la part la plus basse à 42 % pour la part la plus élevée. La première tranche, jusqu’à 13 230,00 €, est exonérée : aucun impôt n’y est dû. Ce tarif est celui publié par l’Administration des contributions directes (ACD) et gazetté au Mémorial A, applicable à partir de l’année d’imposition 2025 ; en l’absence d’un barème 2026 distinct, c’est aussi le barème appliqué en 2026.
L’essentiel à comprendre est qu’un taux est marginal : il ne s’applique qu’à la part du revenu située à l’intérieurde sa tranche, jamais à l’ensemble du salaire. Atteindre une tranche supérieure ne fait donc pas « basculer » tout le revenu dans un taux plus élevé — seule la fraction qui dépasse le seuil est imposée plus fortement. Le taux réellement supporté, le taux effectif, est un mélange de toutes les tranches parcourues jusqu’au niveau du salaire, et il reste toujours inférieur au taux de la dernière tranche atteinte.
Trois classes d’impôt : 1, 1a et 2
Le même barème ne produit pas le même impôt pour tout le monde. La classe d’impôt détermine la méthode appliquée au tarif de base, selon la situation familiale. C’est le paramètre le plus décisif du calcul, et c’est pourquoi il est au cœur du calculateur.
La classe 1 vise les personnes seules sans enfant à charge : le tarif de base s’applique directement au revenu imposable. La classe 2 concerne les personnes mariées ou liées par un partenariat et imposées collectivement : elle applique le splitting, c’est-à-dire que le revenu du ménage est divisé en deux, le tarif est calculé sur la moitié, puis le résultat est multiplié par deux (2 × tarif(RI/2)). À revenu égal, cette division adoucit la progressivité et allège généralement l’impôt. La classe 1a s’adresse notamment aux parents isolés, aux personnes veuves dans les trois ans et aux personnes de 65 ans et plus : le tarif est appliqué au revenu diminué d’une atténuation prévue par l’article 120bis de la loi concernant l’impôt sur le revenu (L.I.R.). Cette atténuation s’estompe à mesure que le revenu augmente et disparaît au-delà de 79 380,00 €, seuil à partir duquel la classe 1a rejoint la classe 1.
Une réserve d’honnêteté s’impose sur la classe 1a. Les classes 1 et 2 reposent sur des méthodes établies et bien documentées. La formule exacte de l’atténuation de la classe 1a est une approximation: elle doit encore être confrontée au calcul officiel de l’ACD (l’outil « Calcul en ligne ») avant toute mise en service. Tant que cette vérification n’est pas faite, le calculateur signale la classe 1a comme provisoire.
Du salaire brut à l’impôt mensuel : l’algorithme
La retenue d’impôt sur les traitements et salaires (RTS) est le prélèvement mensuel opéré par l’employeur. Elle ne se calcule pas sur le brut, mais sur le revenu imposable. Le calcul suit un enchaînement précis. On part de la rémunération, on retire les cotisations sociales déductibles, puis les forfaits légaux : les frais d’obtention forfaitaires (540,00 €/an) et les dépenses spéciales forfaitaires (480,00 €/an), qui représentent respectivement les frais professionnels et certaines dépenses privées reconnues sans justificatif. Le revenu ainsi obtenu est annualisé, le tarif est appliqué selon la classe d’impôt, puis le résultat est ramené au mois.
À l’impôt de base s’ajoute l’impôt de solidarité (fonds pour l’emploi) : une majoration de 7 % de l’impôt, déjà intégrée aux barèmes de retenue — elle n’apparaît pas comme une ligne séparée sur la fiche. Ce taux passe à 9 % pour la part de revenu imposable dépassant 150 000,00 € en classe 1 et 1a, ou 300 000,00 € en classe 2 ; pour une retenue mensuelle ordinaire, ce seuil n’est pas atteint, et le taux de 7 % s’applique.
Enfin, le crédit d’impôt salarié (CIS) vient réduire non pas la base mais la retenue elle-même, dans la limite de 600,00 €/an. Il atteint son maximum sur une plage de salaire annuel comprise entre 11 265,00 € et 40 000,00 €, puis décroît progressivement pour s’annuler à partir de 80 000,00 €. Depuis l’année d’imposition 2026, un second crédit s’y ajoute, le crédit d’impôt CO2 (CI-CO2), jusqu’à 216,00 €/an, imputé de la même manière sur la retenue. Le résultat de toute cette chaîne — cotisations déduites, tarif par classe, solidarité intégrée, crédits retranchés — est la retenue mensuelle qui figure sur la fiche de paie.
Ce site calcule la retenue mensuelle d’un résident en emploi salarié ordinaire. Il ne remplace pas le décompte annuel (modèle 163) ni la déclaration (modèle 100), qui régularisent en fin d’année les crédits et déductions absents de la fiche et peuvent donner lieu à un remboursement ou à un complément. Le Luxembourg ne prélève par ailleurs aucun impôt d’église sur le salaire. Tous les taux et montants ci-dessus sont ceux en vigueur pour 2026, en attendant la validation.
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